Le répertoire poétique français chanté par René-Pierre Bourguet

Les poésies enchantées en CD

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LE CD QUE VOUS ATTENDIEZ !

 

 

En cours d’enregistrement et de mixage dans un studio professionnel du sud de la France, le CD de René-Pierre sera bientôt disponible.     

Son titre, vous l’aurez deviné, est « POÉSIES EN-CHANTÉES » . Il comprend douze morceaux chantés, joués à la guitare sèche, et donne un aperçu assez complet des styles musicaux ainsi que des diverses techniques que René-Pierre utilise, en même temps qu’il offre un panorama intéressant de la poésie française du XI° au XX° siècle.     

Le CD s’ouvre sur « Chanson sur le Néant », adaptation nous dit René-Pierre de la poésie du même nom de Guillaume d’Aquitaine (1071-1127). Cet illustre inconnu fut un grand seigneur en son temps, aux mœurs jugées libres. Il fut plusieurs fois excommunié pour sa vie scandaleuse, c’est à dire « son goût de la femme, du plaisir, et du faste ». Poète galant, il nous a laissé des « chansons » dans lesquelles l’amour sensuel se mêle à celui mystique. Cette première poésie chantée l’est sous forme de ballade, un peu folk, un peu blues. On remarquera le jeu discret mais très harmonieux de la deuxième guitare lors du troisième couplet.     

1.Extrait Chanson sur le néant

En chant, arrive le surprenant « Ode à Cassandre » du grand Pierre de Ronsard (XVI° siècle). Orfèvre des mots, il fut pour ainsi dire le créateur, le défenseur, et le premier législateur de la langue française. René-Pierre a ajouté pour le refrain quelques vers d’une autre des poésies du Maître. Une ambiance franchement blues où il ne manque plus que la trompette de Louis Amstrong. La voix grave que prend René-Pierre sur le refrain n’est-elle pas un clin-d’œil au célèbre jazzman ?     

2.Extrait Ode à Cassandre

Enposition, nous trouvons le charmant « le Corbeau et le Renard », célèbre fable de La Fontaine (XVII° siècle). Il fallait oser ! Le résultat est réussi : guitare claire, rythme et voix agréables.     

En place, voici l’enfant terrible de la poésie française, Arthur Rimbaud (XIX° siècle) et sa célèbre « Ma bohème ». Une adaptation musicale franchement rock, voire légèrement punky, que n’aurait certainement pas renié le poète précoce. On peut même jurer qu’il n’aurait pas été étonné si le solo avait été joué sur une guitare électrique bien saignante !     

3.Extrait Ma bohème

Le morceau est une pièce de Charles Baudelaire (XIX° siècle) qui fut censuré et enlevée du superbe recueil « les Fleurs du Mal ». Il s’agit de l’érotique « les Bijoux », morceau joué ici avec deux guitares simultanées (l’une classique, l’autre folk) ègrenant les mêmes arpèges. On se croit spectateur de la scène de la maîtresse alanguie près du feu de cheminée attendant l’amour…  A savoir que les deux dernières strophes sont issues de « la Métamorphose du vampire » du même auteur.     

4.Extrait Les bijoux

En numéro 6, vient l’incroyable « Poème à Lou ». Incroyable, car René-Pierre, savamment aidé de son frère Abel, a créé de toutes pièces  cette poésie de Guillaume Apollinaire (XIX°-XX° siècle) en piochant ici et là des vers de cet auteur, principalement dans le recueil « Poèmes à Lou », ainsi que deux vers dans la fameuse publication « Alcools ». Le résultat est très étonnant, et très bien servi par le style un  peu  jazzy et très swinguant de la guitare. René-Pierre nous apprend que sur ce morceau, le texte initial était un autre poème d’un autre auteur du XX° siècle, mais suite au refus des ayants droits de feu le poète en question  d’utiliser ses vers, notre chanteur a été obligé de changer de texte. On imagine que ce ne fut pas facile de trouver une poésie existante de même structure, et dont les vers avaient les mêmes pieds, d’où cette construction inhabituelle, mais habilement faite.     

5.Extrait Poème à Lou

     

Pour la poésie, un auteur inconnu du grand public : Melin de Saint-Gelais (XV°-XVI° siècle). Ce poète eut son heure de gloire en son temps puisqu’il fut Maître en versification du Roi François I°. Aucune fête de la Cour n’était réussie s’il n’en avait réglé les mascarades, écrit les vers, et composé la musique. « Chanson pour celle que j’aime » est une complainte douce-amère sur le mal d’aimer. Les sonorités hispanisantes que René-Pierre donne à sa guitare, ainsi que la mélodie un peu « gitano » servent à merveille ce poème.     

6.Extrait Chanson pour celle que j’aime

En position se trouve un autre enfant terrible de la poésie française : François Villon (XV° siècle), le rebelle dans l’âme. Sa « Ballade des pendus » est l’une de ses œuvres les plus connues. Pour la petite histoire, ce texte fut écrit en prison alors que le poète attendait la mort par pendaison « haut et court, jusqu’à ce que mort s’en suive ».  Il fut sauvé in extrémis par le Parlement qui cassa le jugement, mais Villon fut « banni de la Ville, Prévôté et Vicomté de Paris ». Depuis lors, on a perdu sa trace… D’aucuns disent que François Villon est à la source de la poésie française actuelle : sa sensibilité ; ses questionnements sur la morale, sur la fuite du temps, sur l’existence humaine, font en effet de lui le premier moderne.      L’interprétation de cette œuvre sur un rythme allègre, ainsi que la mélodie qui « balance » peuvent choquer ceux qui ont une fois pour toutes classé cette poésie dans le genre « préparez vos mouchoirs », mais comme le dit René-Pierre : «Ce sont les âmes des pendus qui parlent. Leurs esprits ne sont plus sur Terre, ils sont dans l’au-delà mystérieux d’après la mort. Pourquoi le séjour post-mortem serait-il triste ? Si j’ai envie de l’imaginer plein d’amour et de lumière, où est le problème ?» Quoi qu’il en soit, on remarquera la belle partie de guitare.     

7.Extrait Ballade des pendus

A la place, revoici Charles Baudelaire pour son « Albatros » . Là aussi, certains puristes sentiront leurs poils se dresser. Il faut dire que l’interprétation qu’en fait René-Pierre n’est pas des plus courantes. «Il a osé, diront certains, rajouter des vers à ce chef d’œuvre !» En effet, aide par son frère Abel, il l’a fait, et en anglais en plus ! Scandale ! Non, en fait cela désacralise l’œuvre. C’est original, et ça permet de désaxer le point d’accroche de cette poésie, en la faisant voir sous un angle nouveau.     

La 10° poésie chantée est la « Ballade du jolis moys de May » de Christine de pisan (XIV° – XV° siècle). Cette poétesse fut mariée à quinze ans. Comme elle se retrouva veuve dans sa vingt-sixième année ; elle écrivit pour vivre, et pour nourrir ses trois enfants. Elle fut ainsi la première femme de lettres de la littérature française. Sa ballade pourrait se résumer par cette question : «Comment être heureux quand la nature invite à l’être, pour qui est éloigné de ses amours ?» René-Pierre a laissé des mots en vieux françois, cela donne un charme supplémentaire à ce morceau qui commence par des sonorités asiatiques, et qui se poursuit sur des harmonies à la Beatles.     

8.Extrait Ballade du jolis moys de may

Le 11° morceau est une partie musicale jouée sur quelques vers du poème « Iles » de Jean Cocteau (XX° siècle). Dans cette poésie, le célèbre artiste protéiforme (véritable magicien de la pensée moderne, comme le décrivait Pierre Seghers) fait des descriptions furtives et légères de ces lieux que l’on dit paradisiaques, mélangées aux sensations vaporeuses de plaisir que laissent dans nos esprits les rêves d’amours heureuses. René-Pierre a choisi cinq strophes de ce poème qu’il a mises en musique sur des arpèges mélancoliques, et même empreints d’une nonchalance toute exotique. La deuxième guitare aux sonorités hawaïennes souligne à ravir le côté insulaire de la chanson.     

En 12°, vient le final « Mon rêve familier » de Paul Verlaine (XIX° siècle). Cette touchante évocation de la femme idéale, de l’âme sœur à laquelle le poète songeait… n’existait malheureusement que dans ses rêves ! La réalité était tout autre. On connaît ses frasques sentimentales avec sa jeune femme, Mathilde Mauté, ainsi que ses funestes aventures sensuelles avec Arthur Rimbaud. René-Pierre a mis cette poésie en musique sous la forme d’un blues… d’enfer ! Le morceau attaque sur un rif très rock des années 70, puis se pare des accents du rythm’n'blues. C’était le style musical qu’il fallait pour terminer en beauté ce premier album !     

En conclusion, un premier CD fort attachant, avec des styles musicaux variés, et des harmonies heureuses. Ce disque offre d’ailleurs une assez fidèle reproduction de ce que René-Pierre fait en public. Le son n’est ni transformé ni électrifié, mais est vraiment nature. A découvrir.     

Faut-il le préciser ? Ici les textes ont de la tenue !     

CD de douze titres, d’une durée d’écoute de 57′19 ».

   

Son prix sera d’environ 10€.

 

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admin @ 2 h 03 min

2 commentaires sur 'Les poésies enchantées en CD'

  1.  
    EVENSGRAY
    5 septembre 2011 | 11 h 04 min
     

    J’aime beaucoup ce que vous faites. J’étais au café l’Aragon, à Pau, où je vous ai entendu. C’est moi qui vous aie félicité. Je trouve vraiment bien que vous interprétiez de façon moderne des textes classiques. C’est un bon cocktail. Good luck !

  2.  
    manu
    5 décembre 2011 | 13 h 45 min
     

    C’était bien sympa votre soirée au restau Les Terrases de Beaumont à Pau fin novembre ; ça permet de découvrir la poésie différemment.

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